Quand Trustmyscience prépare l’opinion à l’auticide

Le 1er février dernier, un article est paru sur le site Trustmyscience, intitulé « Une nouvelle méthode ultra précise pour prédire les risques d’autisme« . Un tel exercice de manipulation de l’opinion, visant à préparer les lecteurs français à demander l’élimination prénatale de la population autiste, méritait bien un débunkage en règle !

Voilà, en six étapes, comment l’article de Fleur Brosseau prépare les futurs parents à demander l’auticide (= l’élimination d’une personne parce qu’autiste).

Ces 6 étapes de manipulation sont également valables pour toute autre personne souhaitant orienter l’opinion publique dans un objectif eugéniste : 

Photographie de propagande nazie

Photographie de propagande nazie datée de 1934, dont la légende originale dit « ce malade mental coûte annuellement 2 000 marks à l’État ».

  1. Parler uniquement de « risque » d’autisme, sans jamais faire appel à une terminologie neutre (il convient d’éliminer la possibilité que quiconque le pense comme une « chance d’autisme », et ce quel que soit le nombre d’autistes vivants qui pour rien au monde ne souhaiteraient devenir neurotypiques).
  2. Entretenir une confusion permanente entre « l’autisme » et « les troubles ».
  3. Parler de « dépistage » et de « prédiction », sans jamais poser la question de ce que feront les parents avec l’information relative à l’autisme potentiel de leur enfant avant la naissance de ce dernier.
  4. Assimiler l’autisme à un « fardeau économique ».  Surtout, surtout, omettre de préciser que les filières d’étude et de formation sont fermées aux personnes autistes, que l’institutionnalisation entraîne un surcoût injustifiable sinon par le déni des droits humains, et ne jamais, jamais mentionner les nombreux artistes, inventeurs et chercheurs autistes (ou qui l’étaient potentiellement), dont la liste s’étend du créateur des Pokémon Satoshi Tajiri jusqu’à la musicienne Néo-Zélandaise Ladyhawke (tous deux officiellement diagnostiqués), en passant par les philologues allemands du XIXe siècle. 
  5. Brandir l’épouvantail de la « déficience intellectuelle » : comme motivateur à l’élimination prénatale, il n’y a rien de mieux (ne jamais préciser que les outils de mesure du « quotient intellectuel » sont par définition inadaptés à la mesure de l’intelligence des personnes autistes non-verbales).
  6. Après avoir présenté l’autisme comme un horrible fardeau, conclure sur un faux choix afin d’éviter toute accusation d’eugénisme : « l’opportunité de mieux se préparer à accueillir un enfant aux besoins très spécifiques » (personne, après avoir entendu parler de l’autisme comme un fardeau économique, un risque, un trouble, et une déficience intellectuelle, ne va « choisir » d’accueillir cet enfant « aux besoins très spécifiques »)… 
     
    On précise au passage qu’être un « fardeau économique » (selon quels critères le mesure t’on, au juste ?) ne saurait être mobilisé en tant qu’argument pour dénier le droit d’une population à exister. Cet argument rappelle point pour point la propagande d’un certain régime politique de sinistre mémoire… 

 

 

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