Alan et les plantes carnivores, c’est une très longue histoire… Sa mère, Anne Mével n’hésite pas à qualifier de « don », cette passion qu’a son fils pour ces plantes capables d’attirer, de capturer et de digérer leurs proies.

Pourtant formé à l’horticulture au sein du lycée de Saint-Ilan, à Langueux, le jeune Asperger (forme d’autisme sans déficience intellectuelle) n’a pas réussi à s’insérer professionnellement.

Début de l’aventure et déconvenues

Pour lui, ne restait plus qu’une solution : créer son propre environnement de travail. « Une rencontre avec une ancienne prof de Saint-Ilan en 2014 a été déterminante. Un vrai déclic », se souvient Alan. « Dans les jours qui ont suivi, nous avons pris la décision de nous lancer, explique Anne qui réside à l’époque avec ses deux enfants au Vieux-Bourg, près de Quintin. Nous nous sommes véritablement jetés à l’eau », précise la maman investie à 200 % dans le projet de son fils.

 
Une cinquantaine d’espèces de carnivores s’épanouissent à l’abri des serres de la Ville-Jéhan. (Photo : Ouest-France)

La première étape a été de lancer une campagne de financement participatif. Aujourd’hui encore, Alan et Anne s’étonnent de l’énergie qui a pu se fédérer autour d’eux, dans leur village mais pas seulement…

« Nous avons eu des retours extraordinaires de particuliers, d’associations. Un réseau très porteur s’est tissé autour de nous, relève la maman. Cela nous a permis de bien cerner notre projet et de réunir la somme de 12 000 € nécessaire pour démarrer. » Mais le couperet est tombé : « Nous étions en location et l’installation n’a pas pu être possible », explique la maman d’Alan.

1 500 plants

Un nouveau défi commence alors pour le duo. Celui de trouver un nouveau lieu de vie et un terrain en capacité d’accueillir des serres et des abris destinés à la production.

À Plénée-Jugon, une maison et une parcelle de terre accrochée au vallon de la Ville-Jéhan étaient à vendre. Ni une, ni deux, Alan et sa mère foncent.

(Photo : Ouest-France)

L’entreprise « Fleurs et ânes d’Armor » a officiellement ouvert ses portes en mars 2016. La famille s’est installée l’été dernier dans le hameau à la suite d’un nouvel élan de générosité, qui leur a notamment permis de déménager les quelque 1 500 plants d’Alan ! Quant aux ânes, autre rêve d’Alan, il est prévu qu’ils rejoignent l’aventure, un jour…

Depuis, les journées sont presque trop courtes pour le jeune chef d’entreprise et sa mère. L’aménagement des différents espaces de production a succédé aux terrassements et la mise en place du système d’irrigation. « On travaille dans les serres ensemble. Je m’occupe du côté administratif », commente Anne. Cette dernière accompagne, à bout de bras, le rêve de son fils avec un objectif bien défini « À terme, on espère permettre à d’autres jeunes autistes de venir faire des stages, ici, avec Alan. »

De la vente directe à la pépinière au mois d’avril

Alan Ripaud espère ouvrir sa pépinière de la Ville-Jéhan au public dès le mois d’avril pour de la vente directe. « La date dépendra du vivant. Le lieu s’adressera à des novices comme à des passionnés », souligne celui devenu au fil des années un véritable spécialiste des plantes carnivores. Sous les trois serres, une cinquantaine d’espèces sont chouchoutées selon les techniques de culture hors-sol sur tourbe. Sarracenia ou dionée appelée aussi gobe-mouches de Vénus n’ont ici plus de secret pour le maître des lieux qui les divise et les multiplie à volonté.

Alan sera également présent sur un grand nombre de foires aux plantes de la région avec non seulement ses carnivores mais aussi des vivaces ornementales. D’ici l’ouverture, la petite entreprise doit encore financer une aire de stationnement et un véhicule utilitaire. Il est possible de la soutenir dès à présent et jusqu’au 11 avril en votant pour elle parmi 200 autres projets au concours de la Fabrique Aviva.

Plus de renseignements, sur le site lafabrique-france.aviva.com